Le FIJ Cannes 2018 – temps gris dehors, grand soleil à l’intérieur !

Nous n’étions que 6 pour notre premier Festival International des Jeux de Cannes il y a 4 ans, en 2018 une quinzaine de chimériens ont fait le déplacement de Paris pour le plus important évènement ludique francophone. C’est vous dire si nous apprécions ce festival qui, année après année, se bonifie, innove et nous fait passer 3 jours exceptionnels autour du jeu. La Rédaction de la Boite à Chimère est rentrée éreintée mais heureuse de ces quelques jours en immersion totale dans notre passion, il est temps maintenant d’en faire un rapide bilan collectif.

Plus de … tout !

Chaque année, l’organisation du FIJ de Cannes présente des améliorations qui permettent au public et au secteur de vivre un évènement particulier, à la fois très professionnel et extrêmement convivial :

  • encore plus d’espace, cette année le Palais des Festivals proposait 30 000 m² d’expositions, avec un étage complet dédié au public gamers et un espace « enfants et famille » plus large permettant d’accueillir les jeux vidéo,
  • plus d’exposants et d’auteurs : 300 stands éditeurs proposaient leurs nouveautés ou avant-premières, et 300 auteurs et illustrateurs étaient présents pour signer leurs créations,
  • plus de public : 100 000 visiteurs pour le festival, 3 000 entrées pour les 4 soirées du « off », malgré l’affluence toujours plus importante du FIJ, la répartition intelligente des éditeurs et l’augmentation de l’espace nous ont permis de vivre ce festival dans des conditions parfois meilleures que des années précédentes : finies les allées totalement bloquées par la proximité de gros stands éditeurs les plus populaires !
  • plus d’animations : le FIJ de Cannes, ça n’est pas seulement une succession de tables de jeux ou de dédicaces, l’organisation tente chaque année de nouvelles expériences proposées au public. Cette année, outre plusieurs conférences très intéressantes (et heureusement disponibles sur internet) sur des thèmes aussi variés que l’illustration ou le journalisme ludique, le festival présentait une série d’expositions consacrées aux illustrateurs – initiative qu’on espère voir développée les prochaines années – ainsi que d’autres animations originales comme une partie mise en scène des Loups-Garous de Thiercelieux.
  • plus de temps pour jouer et découvrir : le salon ouvre désormais au grand public dès le vendredi matin à 10 heures.

Les As d’Or

Le véritable lancement du FIJ est bien entendu la remise des As d’Or. Au fil des éditions, ces prix remis par un jury de professionnels prennent un peu plus d’ampleur et les premières retombées médiatiques commencent à se faire sentir. Et pour démontrer l’importance que donne le festival à ce prix, la remise s’est faite dans le Grand Auditorium Louis Lumière où ont lieu les cérémonies des Palmes d’Or du cinéma ! D’après l’avis unanime de tous ceux qui sont montés sur scène, l’expérience est assez impressionnante.
Comme de bien entendu, la sélection des As d’Or – et plus encore le palmarès final – génère de nombreux commentaires dans le microcosme ludique, mais force est de constater que cette année il sera difficile de critiquer les choix des membres du jury :

As d’Or catégorie Enfants : Nom d’un renard !
Édité par Game Factory, ce jeu de Marisa Peña, Shanon Lyon et Colt Tipton-Johnson, illustré par Melanie Grandgirard, est un coopératif où il s’agit de découvrir l’identité du renard voleur de l’œuf doré. L’originalité de la mécanique repose sur un accessoire utilisé par les joueurs pour découvrir les caractéristiques du coupable (possède-t-il une montre ? porte-t-il une cape ?…) qui permettront au fur et à mesure qu’on dévoile les suspects d’éliminer certains pour se focaliser sur un personnage restant. Nul doute que le choix du jury repose beaucoup sur cette idée de revisiter le Qui est-ce ?

As d’Or catégorie Expert : Terraforming Mars
Comme nous l’avions déjà expliqué dans un précédent article, la surprise aurait été totale de ne pas voir récompensée cette création de Jacob Fryxelius, illustrée par Isaac Fryxelius, éditée par FryxGames et Intrafin. Ce formidable jeu, où il s’agit – attendez-vous à un choc – de terraformer la planète Mars tout en tentant de devenir le consortium le plus influent, était le grand favori des pronostics. Il faut dire que la richesse du jeu, avec ses centaines de cartes offrant un large spectre de possibilités, associée à une prise en main très rapide ne peut que séduire les amateurs de solides jeux de gestion sans faire fuir les joueurs moins aguerris.

As d’Or – Jeu de l’année : Azul
Le choix était difficile pour départager une sélection réunissant d’excellents jeux aux caractéristiques aussi différentes. Le jury a donc choisi le titre présentant la plus forte proximité avec le jeu abstrait, tout en bénéficiant d’une conception graphique très forte. Là aussi, il faudrait faire preuve d’une évidente mauvaise foi pour ne pas reconnaître les qualités de cette création de Michael Kiesling, édité par Plan B, qui connaît un indéniable succès populaire depuis sa sortie à Essen en novembre dernier (déjà 160 000 exemplaires vendus avant même l’As d’Or !).

Les découvertes

Qui dit FIJ, dit pérégrination dans les allées à la recherche des pépites de demain ou d’après-demain. Et en équipes dispersées de façon à couvrir le plus possible l’espace. Du coup nous avons tous un peu nos coups de cœur à nous, même si régulièrement des injonctions étaient envoyées afin « d’aller tester tel jeu dans le stand Bidule ou en coordonnées 10.07 sud- sud ouest ». En attendant que chacun écrive ses sardines, voici déjà quelques titres à surveiller de près :

  • du coop’ plus ou moins frénétique à base de compte-à-rebours implacable : Kitchen Rush (Prévu chez Geek Attitude Games) et Mission pas possible (Paru chez Renegade France)
  • du coop’ pas du tout, mais alors pas du tout frénétique : The mind
  • du foot avec : Oliv’ et Tom et Worldwide foot
  • des îles à découvrir dans un horizon plus ou moins proche : Cap10 numéro 1 (Paru chez Ilynx Editions), Small Islands (Prévu chez Mushroom Games) et Treasure Island (Prévu chez Matagot)
  • des jeux en « ex » chez Renegade France/Origames : Ex Libris et Exposition Universelle Chicago 1893
  • des jeux de collections : Museum (chez Holy Grail), Carta Impera Victoria (Ludonaute)
  • des jeux du « off » qui ont retenu notre attention : Teikei, Contretemps, Le déjeuner des canotiers… 
  • du jeu qui a fait ses preuves et qui revient avec : Imhotep (Prévu chez Iello)
  • de l’escape en VR (Réalité Virtuelle) avec Virtual Room

Bref, le FIJ 2018 a été à nouveau un des évènements les plus marquants, épuisants, excitants, épanouissants et agréables de l’année. En plus des nouveautés rapportées, nous avons d’ores et déjà jeté nos filets sur les jeux prometteurs à venir dont on va parler tout au long de l’année.
En attendant de voir ces découvertes sur les étals de vos boutiques préférées, vous pourrez déjà lire nos sardines qui vont se suivre tout au long du mois qui vient !

Cet article a été écrit à plusieurs mains, par Blacksad, Fabrice, Kristoff, RedDragon et Shikata Ga Nai

Les images sont © Palais des Festivals – Cannes – Hervé Fabre

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