Carnival Of Monsters ou le jeu de draft selon Richard Garfield

Approchez ! Approchez ! Venez admirer les créatures les plus mystérieuses et les plus improbables, qui défient l’entendement et l’imagination ! Si vous êtes faible de cœur, passez votre chemin, car les monstres que vous verrez là sont proprement extraordinaires, venus du fin fond des royaumes les plus éloignés. Vous n’avez jamais rien vu de tel, croyez-moi !

Le draft très en vogue depuis quelques années (avec par exemple It’s a Wonderful World) a inspiré Monsieur Richard Garfield, un auteur de jeu presque inconnu (on lui doit entre autre Robot Rally, Magic : the Gathering, Vampire : the Eternel Struggle/ Jihad, Net Runner, King of Tokyo/ New York, Bunny Kingdom, un débutant en quelque sorte).

Ici le contexte du jeu est une chasse aux créatures diverses par des montreurs de monstres, celui qui aura le mieux convaincu le public par sa galerie de monstres capturés remportera la victoire.

L’ambiance pointe vers le steampunk Victorien avec de magnifiques illustrations.

Le jeu se déroule en quatre manches successives représentant les quatre saisons d’une année de chasse et d’exhibitions. Au début de chaque manche on révèle une carte saison qui indique la préférence du public pour cette manche (parmi les sept disponibles) donnant quelques bonus; puis on distribue huit cartes de la pioche à chacun des participants à la partie. Ensuite chacun choisit une carte de sa main qu’il met à l’écart face cachée puis donne le reste de sa main à son voisin de droite ou de gauche selon la manche jouée (c’est le principe des jeux de draft). Un fois que tout le monde a choisi sa carte, chacun a le choix de révéler sa carte et la placer sur son plan de jeu ou de mettre celle-ci en réserve contre une couronne (afin de la jouer à tout autre moment, en fin de partie ou de ne pas la jouer du tout). On continue comme cela jusqu’à avoir joué la dernière carte en main. A la fin de la manche un joueur lance trois dés Chasseur déterminant ainsi le nombre de cages disponibles ce tour-ci pour chaque participant. Si un joueur n’a pas suffisamment de cages pour capturer tous les monstres dangereux qu’il a révélé, il paie une amende de trois couronnes pour chaque cage manquante.  On vérifie ensuite qui emporte la carte saison de la manche en cours en additionnant la valeur des monstres correspondants à la carte saison de chaque joueur. Puis tous les monstres faces visibles sont mis dans la galerie du joueur face cachée (ils rapporteront des points de victoire). Enfin on commence une nouvelle manche en piochant une nouvelle carte saison.

A la fin de la quatrième manche on additionne les points de victoires apportés par les monstres capturés, les cartes objectifs réussies, les cartes saison remportées et les couronnes restantes moins les emprunts pris au cours de la partie. Le participant qui a le plus de points à la fin de ce décompte emporte la partie.

Les cartes sont de cinq sortes :

  • Les terrains (de cinq types assez classiques : Sommets, Abysses, Cavernes, Forêt enchantée, Terres désolées et un type spécial Le Royaume des Songes). Les classiques apportent un, deux ou trois points de capture, ceux des songes trois points. Un système malin de proximité permet de les poser. En effet on ne peut poser un terrain lointain que si on a posé précédemment un ou deux  terrains  du même type. Les points de captures sont réinitialisés à chaque manche, les cartes utilisées pour la capture des monstres sont libérés une fois la capture effectuée en fin de manche.
  • Les monstres (de même type que les terrains). Afin de les jouer face visible (pour les capturer en fin de manche) il faut avoir suffisamment de points de capture disponibles de ce type excepté pour les monstres des songes qui peuvent être capturés par n’importe quel type de points de capture, par contre les terrains des songes ne permettent que de capturer des monstres des songes. Les monstres peuvent avoir une caractéristique spéciale parmi deux (Dangereux ils nécessitent des cages pour les capturer et Savoir caché qui permet de piocher immédiatement une nouvelle carte que l’on peut jouer ou mettre en réserve gratuitement).
  • Les cartes staff qui contre un coût en couronnes apportent un bonus permanent.
  • Les cartes évènements avec un effet immédiat lorsqu’elles sont jouées.
  • Les cartes objectifs qui apportent des points de victoires supplémentaires en fin de partie si ils sont réalisés.

Sur le plan du matériel quasiment rien à redire, le tout est splendide (très bonne idée de garder le même illustrateur pour chaque type de terrain/monstre, très beau plateau de Michael Menzel (autant je n’aime pas son travail sur des couvertures ou sur des cartes autant je trouve que c’est l’un des meilleur illustrateur de plateau de jeu)), de bonne qualité et pratique à l’usage. Mon seul regret est sur l’insert de la boite inadapté à un plateau rond et la taille de la boite qui pourrait être bien plus petite si l’éditeur avait réfléchi au rangement. Les règles sont très bien écrites et sans ambiguïtés.

Au niveau des sensations de jeu même si une certaine filiation avec Magic : the Gathering peut apparaitre au premier coup d’œil (Terrains qui permettent « d’invoquer » des monstres) le jeu est bien différent de celui-ci et est un très bon représentant de la famille des jeux de draft. Le thème est bien mis en valeur par le gameplay. La taille raisonnable du paquet de cartes permet de mettre en place une grande interaction (surtout à quatre ou cinq) avec des choix de draft/contre draft (prendre une carte afin qu’un adversaire ne la prenne pas) au contraire de certains jeux du même genre. Le fait de devoir mettre les cartes non utiles en réserve en payant et donc d’avoir une possibilité de dettes est une vraie bonne trouvaille et apporte un sel bien sympathique permettant de donner aux adversaires des cartes qui ne les intéresseront pas et les pénaliseront sur leurs points de victoire.

Le jeu est facile d’accès, une partie suffit pour bien comprendre les ressorts mécaniques et intérêts du jeu. Il se renouvelle bien grâce aux différentes cartes saisons, cartes objectifs et grâce au mélange des cartes. De plus il est suffisamment simple pour initier aux jeux de draft et est donc une bonne porte d’entrée pour des jeux plus compliqués.

 

Carnival of Monsters est un jeu de Richard Garfield.

Les illustrations sont de Martin Hoffman, Michael Menzel, Claus Stephan, Loic Billiau, Dennis Lohausen, Olivier Schlemmer, Franz Vohwinkel.

Il est édité par Amigo et Gigamic pour la France.

Il est prévu pour 2 joueurs à 5 joueurs.

Il est recommandé à partir de 12 ans.

La durée théorique moyenne d’une partie est de 60 minutes.

Illustrations & Photos : © Gigamic.

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