Le Défi 3 Fois Forgé.

Si vous vous souvenez bien, dans mon précédent article, je parlais en introduction de la tendance qu’ont certains membres de la Boite à Chimère à nous trouver tout un tas d’idées et d’objets à propos du jeu de rôle (JdR). Et c’est ainsi que j’ai découvert (et perdu en beauté) le défi 3 Fois Forgé, deuxième édition. Défi dont le but est d’écrire un JdR à 3, chacun rajoutant une couche sur son prédécesseur. Laissez-moi donc vous conter mon échec.
Au passage, l’intégralité des 15 jeux est retrouvable sur le site qui a proposé le défi.

L’origine et le principe du 3FF.

Le défi 3 Fois Forgé (3FF) a été créé aux USA par un écrivain de JdR en 2015 et repris par le site ptgptb.fr en automne 2016 pour sa première édition française et relancé de plus belle pour sa deuxième édition en automne 2017.
Le principe du défi est le suivant : chaque participant va soumettre un JdR court (environ 6.000 caractères) qu’il a écrit lui-même, puis il va recevoir le JdR d’un autre participant, le lire et en doubler le volume en gardant ce qu’il considère être les éléments les plus importants, et l’opération va être répétée pour qu’un troisième auteur finisse le JdR. Il est donc tout à fait possible qu’un JdR à la fin du défi ne ressemble que très peu au JdR du début du défi.
Au final, chaque JdR sera passé par 3 paires de mains différentes (les organisateurs évitant tout accident dans le mélange) d’où le nom de ce défi. Comme je suis parfaitement novice, pour ne pas dire ignare, dans le domaine de l’écriture de JdR, je me suis lancé corps et âme dans cette aventure.

 

Première étape : créer un JdR de toute pièce.

Donc, me voici, après avoir bien lu une douzaine de fois la page présentant le défi, créant le fichier sur mon ordinateur et commençant à réfléchir. Et c’est dans ces moments que l’on se rend compte que ce n’est pas facile d’écrire un JdR surtout quand on a un nombre de signes limités.
Je tente des projections de système sur du brouillon, cherche comment je pourrais faire un truc à la fois simple et complet. Rien n’oblige un JdR de première ou deuxième étape à être complet dans le défi mais je voulais quand même avoir un JdR à moi.

Je finis par pondre un texte faisant pratiquement le maximum de signes possibles avec un système rapide et bourrin à souhait où l’on incarne des mages aux pouvoirs presque illimités dont le but est de résoudre des problèmes en inventant des sorts délirants. La subtilité, ce n’est pas mon truc. Les deux auteurs suivants ont radicalement modifié le jeu, le premier l’a transformé en JdR rapide à jouer sur le pouce, style PvP pur. Et le second a fini le travail en rajoutant un univers et en modifiant le système une nouvelle fois. Bilan, le jeu a fini 5ème au pied du podium car son dernier auteur n’est pas allé chercher les points supplémentaires lors de l’inter-évaluation pour monter dessus (cf. étape 4).

 

Deuxième étape : reprendre un JdR et le modifier.

J’envoie donc tout fier ma petite création aux orgas du défi et j’attends la suite des événements. Et elle m’arrive par mail, un dimanche après-midi, alors que j’avais un peu la tête à autre chose. Punica Tyrannia version 1 est un JdR uchronique se déroulant en Antiquité avec ce (léger) détail près que Carthage a mis une violente dérouillée à Rome.
J’ai donc repris le jeu sans chercher à le modifier et ai cherché à rajouter des trucs à un système qui me semblait incomplet. Un peu de bidouillage dans la feuille de personnage, un système de création de personnages, un scénario d’introduction ultra rapide (voire bâclé) et hop, emballé, c’est pesé. En effet, contrairement à mon premier jeu dont j’ai écrit l’idée de base, ou à mon troisième jeu qui est celui avec lequel je concourrais, je n’avais pas l’impression d’être vraiment auteur de ce JdR.
Le troisième auteur finira le JdR de la même façon que je l’ai continué, sans modifier mon travail mais en rajoutant sa pierre à l’édifice, il finira l’univers et réécrira le scénario d’introduction. Bilan, le jeu finira 12ème, certaines choses ne passant pas dans l’univers comme dans le système.

 

Troisème étape : finir un JdR et le soumettre.

Rapidement après avoir envoyé Punica Tyrannia aux orgas, je reçois Cluelo. Oui, il s’agit d’un jeu de rôle basé sur les mécanismes du Cluedo mélangé à du Poker, et… « #@!?, qu’est ce que je vais faire de ce truc ? », réaction assez classique en fait dans le défi lorsqu’on lit pour la première fois un JdR à modifier.
Sur ce JdR qui deviendra, à terme, Vegas Corruption, j’ai changé beaucoup d’éléments, j’ai replacé l’univers à Las Vegas pour coller au thème policier global du jeu, j’ai refait la création de personnage pour qu’un PJ ne soit pas juste un nom. J’ai remanié le système tout en gardant le cœur de celui-ci, à savoir des cartes et du poker, pour le rendre plus compréhensible à mon goût. J’ai aussi fait une petite mise en page avec des fonds de pages et j’ai soumis le tout.
Au final, mon jeu finira 13ème, principalement critiqué pour son système bancal et défavorisant le roleplay (et c’était effectivement le cas).

 

Quatrième étape : juger les jeux des autres.

L’écriture terminée, les orgas nous ont laissé un week-end complet pour souffler (car on fait le concours sur notre temps libre, alors quand on en a pas beaucoup de base …), puis ils nous ont envoyé des jeux à relire et à noter.
En effet dans ce concours, avant le jury final, chaque participant reçoit 5 jeux (auxquels il n’a évidemment pas participé) et doit en noter 3 pour que son jeu soit éligible. De plus, chaque jeu noté en plus rapporte 0,5 point (sur 20), ce qui a fait la différence pour l’accessibilité au podium. J’ai noté ces jeux avec toute l’expérience que j’avais en tant que rôliste, autrement dit pas énorme. Sur les 5 jeux que j’ai reçus, 2 étaient « classiques », au sens un MJ, des PJs, un scénario, des règles modifiables en fonction des besoins. Les deux suivants furent plus orientés vers la narration et le roleplay, les dilemmes et compromis de la vie. Enfin le dernier n’était même pas un jeu mais un parasite de jeu.
J’ai rendu mes 5 évaluations en mon âme et conscience et j’ai attendu les résultats.

 

La fin du défi : bilan et vison globale.

Après tous ces efforts, les résultats tombent avec un peu de retard. La raison à cela ? Les notes ont été harmonisées par un programme pour éviter que certains jeux ne se retrouvent boostés par des bisounours ou sacqués par des rapaces jouant la gagne. Bon alors, sans vouloir être trop méchant, j’aurais voulu savoir ça avant et ne pas le découvrir le jour j.
Sans réelle surprise, ni Punica Tyrannia, ni Vegas Corruption ne finissent dans les qualifiés pour le jury. En revanche, I-Mage-Ine (mon jeu de version 1 qui a bien changé) manque le podium suite à la flemme d’un de ses auteurs… Là, je l’ai eu mauvaise, mais ce sont les aléas de la compétition.
Environ un mois plus tard, le jury rendra son verdict classant un jeu premier parmi les 4 finalistes. Félicitations aux trois auteurs, en particulier le dernier qui est venu en renfort pour achever un jeu abandonné par un autre participant.
Avec la fin du défi, nous avons désormais accès à l’intégralité des productions de chaque participant, aussi bien la V3 que la V2 et la V1 d’un jeu. En les lisant, je me rend compte que certains auteurs me ressemblent et ne changent pratiquement rien d’une version à l’autre alors que d’autres taillent dans le lard et réécrivent presque intégralement le jeu. Et ce fut un peu ma grande erreur durant ce défi, je ne m’appropriais pas les jeux que je recevais. Je n’osais pas, du coup, les modifier de trop pour respecter la volonté de leurs auteurs.
Un point dont je n’ai pas parlé durant l’article est qu’il y avait un sujet de discussion ouvert sur un forum rôliste pour réunir l’intégralité des participants au même endroit. Le sujet était sympa durant le concours, mais une fois celui-ci terminé, beaucoup de débats se sont ouverts, comme le nombre de signes, l’origine des images, ainsi de suite… Personnellement, je ne suis pas trop allé sur ce sujet, principalement parce que je n’avais pas vu qu’il faisait plusieurs pages (oups !), mais l’idée en elle-même d’avoir un endroit où discuter est intéressante.
Au final, le défi 3FF fut une excellente expérience pour moi. Malgré ma splendide défaite à la fin, j’ai découvert comme fonctionnait l’écriture d’un JdR. J’ai aussi compris (trop tard) que je pouvais prendre des risques et changer radicalement un JdR qui ne me plaisait guère. J’y retourne donc l’année prochaine pour la troisième édition en espérant réussir à faire mieux que le dernier tiers du classement.

3 pensées sur “Le Défi 3 Fois Forgé.

  • 13 mars 2018 à 7 h 03 min
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    Merci pour le retour… et ton retour en 2018! 🙂
    Très sympa l’image… on peut la récupérer pour le prochain défi? 🙂
    – pour les bugs du règlement, on tâtonne encore. oui on s’est dit après qu’un point pour avoir critiqué le 4e et 5e jeu c’était trop. Surtout que les « critiques » de certains… :/ La « moulinette » pour lisser les résultats s’est décidée au dernier moment 🙂 Moi je ne l’aime pas, parce que les jeux que j’ai descendu en flammes (tes jeux 2 et 3 incidemment ;)) ne se retrouvaient pas si morts… mais bon elle est indispensable.

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    • 13 mars 2018 à 7 h 19 min
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      Pou l’image, je vais demander à celle qui l’a créée. Et puis mes jeux méritaient ( au moins largement ) de se faire descendre en flammes.

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  • 14 mars 2018 à 9 h 24 min
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    Pas de problème pour l’image. Tu en fais ce que tu veux.
    En échange, n’hésite pas à renvoyer les gens que tu connais vers cet article, notre blog, notre association… Et plus si affinités.

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