Time of Legends : Joan of Arc – Premières Rencontres

Vous avez toujours eu envie de revivre le passage historique de Jeanne d’Arc contre le dragon lors du siège d’Orléans, de réciter sa célèbre phrase lors de son bûcher : «De mon vivant vous ne m’aurez pas crue, alors vous m’aurez cuite», ou reproduire ses frasques romantiques avec John Talbot lors de … ah on me signal que je raconte n’importe quoi et que non Orléans n’a pas non plus été divisée en hexagones lors du siège.

J’ai eu l’opportunité, lors de la dernière édition du festival Paris est Ludique, de tester Times of Legends : Joan of Arc — que j’appellerai par la suite juste Joan of Arc –, le nouveau jeu de Mythic Games, les développeurs de Mythic Battle Pantheon. De plus, nous avions profité de l’occasion pour les inviter à venir nous présenter le jeu à lors d’une soirée jeu de l’association début juillet et comme ce sont des gens qui font leur travail consciencieusement, ils sont venus avec avec plusieurs tables de démonstration, permettant ainsi de faire tester le jeu à une dizaine de nos membres.

Mais alors, qu’est-ce que c’est donc Joan of Arc ? Il s’agit d’un jeu de plateau avec figurines voyant  un affrontement scénarisé pour deux joueurs, avec en plus une dimension enquête suivant le scénario. Je précise tout de même qu’il ne s’agit ici que d’une première impression sur le jeu pas une critique complète objective. D’une part je n’ai fait qu’une partie de démonstration et n’ai donc vu qu’une fraction du jeu. D’autre part le jeu étant en prototype, j’imagine que des choses peuvent encore changer d’ici sa sortie.

Bon soyons honnête, je suis allé tester le jeu avec un léger a priori. Pas sur le jeu lui-même — j’essaie de toujours garder une approche neutre lorsque je découvre un jeu –, mais sur le choix de l’échelle des figurines : 15 mm. Pourquoi diable aller chercher une échelle si petite — la plus utilisée étant le 28-32 mm ! Cette échelle, habituellement utilisée pour du wargame historique permet de simuler des grandes batailles avec des myriades de soldats où l’impression de masse compense le plus faible niveau de détails. Elle a bien sûr déjà été utilisée sur des jeux de plateau tels que Mémoire 44 ou Battlelore. Mais venant des créateurs de Mythic Battle Pantheon et ses dieux et autres monstres mythologiques qui flirtaient avec le gigantisme cela semblait étonnant. Mais laissez-moi vous parler un peu du jeu.

Le plateau est formé d’une douzaine de grosses tuiles hexagonales, elles-mêmes éventuellement subdivisées en deux ou trois zones. Les figurines pouvant se déplacer de zones en zones et pouvant même s’y mettre à plusieurs (jusqu’à un maximum de douze par tuile), d’où l’intérêt de l’échelle 15 mm. Il y aurait, en effet, été impossible de mettre autant de figurines sur une même case en 32 mm, à moins de faire un plateau de jeu nécessitant la location d’une salle des fêtes. Qui plus est la qualité et la finesse des figurines est excellente pour du 15 mm, comme vous le voyez sur les prototypes présents dans cette page, sur lesquels j’ai pu me dégourdir les pinceaux.

Le scénario que j’ai testé voyait la recherche d’un loup-garou caché sous les traits d’un habitant d’un petit village, par un chevalier accompagné d’un prêtre et de deux petites troupes de soldats joué par mon adversaire, tandis que je jouais les villageois et donc le loup-garou. Je débutais la partie avec quatre villageois et l’un d’entre-eux — à ma discrétion — était le monstre. Mon adversaire avait, lui, pour but de le démasquer, puis de lui faire la peau, si possible en enquêtant plutôt qu’en tuant aveuglément tous les villageois jusqu’à trouver le bon.

Ainsi alors que je commençais avec mes villageois dans le village au centre du plateau, mon adversaire démarrait sur l’un des bords. Certaines zones du plateau étaient aussi porteuses d’un pion qui révélait, si la case était explorée par moi ou mon adversaire, soit un indice, soit une meute de loups — pas garou — venant grossir mes rangs et avec un plus pour moi la possibilité d’intervertir des pions sur le plateau. Mon adversaire devait, lui, mettre la main sur mes villageois pour les interroger avec son prêtre ou son chevalier afin de me faire révéler s’ils étaient ou non le loup-garou. Il avait également la possibilité de découvrir des pions indices, qui, lorsqu’il en réunissait trois, pouvait me forcer à révéler si tel ou tel villageois sur le plateau était le loup-garou.

Le jeu se fait en tours de jeux où chaque joueur effectue toutes ses actions : bouger, attaquer, fouiller, etc, avant de passer la main. Les actions se font par l’utilisation de points d’actions, matérialisés par des cubes rouges à placer sur des cases — c’est-à-dire les zones des tuiles — où toutes les figurines qui y sont présentes pourront agir. Les joueurs peuvent également acquérir des relances ainsi que des points d’expérience qui permettent notamment au loup-garou– une fois révélé — de devenir plus fort.

Il est également possible de garder des points d’actions de tours en tours pour mieux prévoir sa stratégie. Le nombre de point d’action disponible par tour — entre deux et quatre pour les deux joueurs– se tire aléatoirement au début de chaque tour. Ce tirage aléatoire de point d’action disponible est la seule chose qui m’a un peu rebuté, car limitant la planification et me paraissant du coup incohérent avec le fait de pouvoir en reporter de tours en tours pour une stratégie optimale. D’après l’animateur de Mythic Games, cependant, ce tirage aléatoire dépend du scénario.

J’ai très mal joué. J’ai envoyé deux de mes villageois vers mon adversaire, d’une part pour l’occuper et le forcer à passer du temps à aller les chercher pour les interroger et d’autre part pour fouiller les cases afin de récupérer quelques loups. Malheureusement pour moi, mon adversaire a rapidement, en plus d’interroger mes deux villageois, trouvé des indices lui permettant de démasquer mon loup-garou parmi les deux villageois restants. Bien que j’ai réussi à trouver une sorcière et à monter mon loup-garou de niveau tout en le mettant sur une case en retrait, une charge bien sentie de son chevalier accompagné d’hommes d’armes a eu rapidement raison de mon pauvre homme canidé.

Juste pour dire quelques mots sur le système de combat : il repose — comme beaucoup de jeux modernes — sur des dés de couleurs différentes avec des faces variables. Les symboles sur ces faces sont : défense, dégâts, repousser et les deux dernières simultanément. Chaque figurine ou unité peut lancer tels ou tels dés selon ses capacités de combats exposées sur sa fiche et possède un certain nombre de points de vie.

Au final, j’ai bien apprécié la partie. Le jeu m’a paru rapide et dynamique et je suis curieux de voir ce que les autres scénarios proposeront : le futur dragon, pour ce qu’on en a vu, semble être gigantesque. Il devrait être lancé via une campagne de financement participatif sur Kickstarter en septembre ou octobre prochain. Affaire à suivre donc.

                        

Times of Legends: Joan of Arc par Mythic Games
Kickstarter automne 2017
Illustrations : © Mythic Games
Peinture & Photos des figurines : Ex Nihilo

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