Kitchen Rush, préparé et servi en 4 minutes

Grâce à Kitchen Rush, vous venez d’hériter d’un restaurant. Charge à vous et à vos compagnons d’en faire une table prisée par les gourmets.

Kitchen Rush est un jeu coopératif en simultané pour 1 à 4 joueurs. Vous allez donc tous œuvrer de concert pour faire prospérer le restaurant en effectuant les tâches classiques propres à ce type d’établissement : accueillir les clients, préparer des plats, gérer les stocks de nourriture …

 

Les objectifs de renommée et de rentabilité à atteindre sont fixés par une des cartes « objectif » choisie en début de partie. Il y a 4 niveaux de difficulté dans les objectifs allant de « facile » à « expert ». Pour un même niveau, il existe plusieurs cartes objectif.

Par exemple, sur cette carte objectif de niveau de difficulté moyenne, on voit que à 4 joueurs, il faudra avoir servi au moins 28 commandes, disposer d’au minimum 16 sous en caisse et atteint un niveau minimal de prestige de 16 ou plus.

Le restaurant est représenté par un plateau de jeu divisé en plusieurs emplacements caractéristiques d’un restaurant et de sa cuisine : réception, salle, fourneaux, bacs à vaisselle, etc. Bien sûr, chacun de ces emplacements ne peut recevoir qu’un nombre limité de personnes. Par exemple, il y a 2 emplacements à la plonge, 6 aux fourneaux…

Chaque joueur dispose de 2 travailleurs à sa couleur. Pour effectuer une tâche, c’est très simple : il suffit de prendre un de ses travailleurs et de le placer sur un des emplacements libres dédiés à cette tâche. Ainsi placer son travailleur à l’emplacement du réceptionniste permet d’accueillir les clients, le placer devant le bac à vaisselle permet de laver des assiettes, etc.

Là où ça se corse, c’est qu’accomplir une tâche, ça prend du temps. Pour représenter ce temps, les auteurs du jeu ont trouvé un mécanisme astucieux : les travailleurs sont représentés par des sabliers.

Lorsqu’on dépose un travailleur sur un emplacement, on déclenche le sablier. Si l’action liée à cet emplacement est résolue immédiatement, le travailleur ne sera à nouveau disponible qu’une fois le sable écoulé… soit environ 30 secondes. Et comme le jeu se déroule en 4 manches de 4 minutes, le facteur temps est primordial. Et c’est pas fini …

Dans l’introduction, j’ai précisé que le jeu est coopératif en simultané. Vous l’aurez peut-être remarqué, dans un restaurant il est plutôt rare de voir un travailleur se rouler les pouces. Ben, dans Kitchen Rush, c’est un peu pareil, personne n’attend tranquillement que son tour arrive pour jouer : tous les joueurs jouent en même temps. Je vous laisse imaginer le cocktail détonnant résultant du mélange compte à rebours, sabliers et simultanéité.

 

Concrètement, comment se déroule une manche ?

En début de partie, il y a de la nourriture en stocks, du sel, du poivre et des épices dans le sac à épices. Il y a même des assiettes propres !

Chaque joueur dispose des 2 sabliers à sa couleur ainsi que d’un plateau personnel permettant de suivre les niveaux de cuisson des différents plats.

Un commis, représenté par un sablier de couleur noire, est également disponible en début de partie. Un commis, c’est bien pratique car c’est un travailleur utilisable indifféremment par tous les joueurs. Au fil du jeu on pourra en engager un nouveau. Mais attention comme tous les travailleurs, les commis ne sont pas des bénévoles, à la fin de chaque manche, il faudra payer leurs salaires !

Une fois le matériel en place, on déclenche le compte-à-rebours de 4 minutes. Et c’est parti !

Il faut commencer par accueil des clients, c’est-à-dire placer un travailleur à la réception, puis piocher des cartes « commande » et les poser en salle dans les emplacements prévus à cet effet. Petit bonus bien utile, cette action rapporte immédiatement un peu d’argent. Et ce n’est pas un luxe car de l’argent, il va en falloir pour faire tourner la boutique !

Ensuite un serveur doit aller en salle pour prendre une commande.

 

Anatomie d’une commande

Prenons un exemple de commande, ce sera plus simple. Dans cette commande, nous allons préparer des ris de veau au jus de truffe. Pour ce faire, il faut commencer par prendre une assiette propre de taille III. Il faudra mettre dedans 2 morceaux de viande, 1 carotte, un peu de sel et un peu de poivre. On remarquera au passage, que les pions ont la forme de ce qu’ils représentent : une tartine pour le pain, une farfalle pour les pâtes…

Les ingrédients (carottes, viande, pain …) sont conservés dans des stocks. Pour prendre des éléments dans un stock, il suffit de placer un travailleur sur un des deux emplacements disponibles pour ce stock. Petit détail qui a son importance : si les ingrédients sont dispersés dans différents stocks, il va falloir visiter plusieurs stocks, donc mobiliser plusieurs travailleurs… et donc perdre du temps !

Bien sûr, au fur et à mesure, les réserves de nourriture vont diminuer. Il va donc falloir envoyer quelqu’un faire des achats pour réapprovisionner. Vous vous en doutez, dans l’opération on va dépenser de l’argent et mobiliser un travailleur.

Les condiments (épices, sel et poivre) sont stockés dans un sac en tissu. Lorsqu’on en a besoin pour élaborer un plat, il « suffit » de piocher dans le sac… sauf que piocher dans un sac, ça fait perdre du temps et comme le sac est opaque, on ne sait pas toujours ce qu’il y a dedans… et parfois il n’y a plus de ce dont on a besoin ; il faut donc aller en acheter puis fouiller de nouveau. Bref encore de précieuses secondes qui s’envolent !

Une fois les ingrédients réunis, il faut les cuire comme indiqué sur la commande ; ni plus, ni moins, sinon, les ennuis commencent ! Je vous passe les détails : perte de points de prestige, nourriture jetée à la poubelle, etc. Il vaut mieux éviter de se rater. Et bien sûr, dans la précipitation…

Dans notre exemple, le temps de cuisson est de 3, il faudra donc faire 3 fois l’action « fourneaux ». Sur ce coup-là, le jeu est un peu sympa : on peut envoyer 3 travailleurs aux fourneaux en même temps pour faire un temps de cuisson de 3.

Une fois le plat prêt, il sera automatiquement servi à la fin de la manche de 4 minutes. Du coup, vous pouvez passer à une autre tâche. Par exemple faire la vaisselle. Oui parce qu’elle ne va pas se faire toute seule !

Ou alors, si vous êtes bon, vous pouvez envoyer un serveur en salle effectuer un service rapide. Certes ça mobilise un travailleur, mais ça rapporte immédiatement 1 sou de pourboire. C’est toujours ça de pris !

 

L’heure des comptes

Lorsque les 4 minutes sont écoulées, la manche est terminée. Et c’est là qu’on constate les dégâts !

On vérifie que les commandes préparées sont correctes. Il faut faire attention à la taille de l’assiette (il en existe de 4 tailles), aux ingrédients ainsi qu’aux temps de cuisson. Les commandes correctement servies rapportent de l’argent et parfois du prestige. Par contre, les erreurs font des clients mécontents ce qui se traduit tout naturellement par une perte de prestige.

Ensuite vient la douloureuse phase du paiement des salaires.

Chaque travailleur coûte 3 sous, y compris le commis. Les travailleurs qui n’ont pas été payés ne seront pas disponibles pour la manche suivante. Et en plus, comme ce n’est pas très joli de ne pas payer ses employés, ça fait perdre des points de prestige.

En fonction du niveau de prestige atteint à l’issue de ces ajustements, on peut gagner des bonus forts utiles.

Puis, on se concerte sur la suite à donner, on définit les priorités, on essaie d’organiser un peu le chaos. On souffle un coup pour faire baisser la tension.

On remet le compte-à-rebours à 4 minutes. Et c’est reparti pour 4 minutes de folie !

P’tite conclusion

Voilà, avec ces quelques lignes vous devriez avoir un bon aperçu du jeu. Je n’entre pas dans les détails mais sachez que, en dépensant des sous, vous pourrez améliorer votre restaurant, recruter un deuxième commis, qu’il existe des cartes événements optionnelles pour égailler les parties et que fasse au succès une extension est d’ores et déjà prévue.

Kitchen Rush a déjà séduit nombre d’entre-nous. Il faut dire qu’il possède quelques atouts. J’aime beaucoup le matériel qui représente bien les divers ingrédients, jusqu’au sel et poivre que l’on va piocher dans le sac comme pour en prendre « une pincée ». Les parties fébriles demandent à la fois d’être concentré sur ses propres tâches mais aussi d’être attentif  et réactif aux besoins et actions de ses partenaires de cuisine (exemple : si un joueur déclare qu’il n’y a bientôt plus de paprika, hop un autre qui a un travailleur disponible court en acheter). Pas question de travailler seul dans son coin. De toute façon, le nombre d’action par manche est trop limité pour qu’un même joueur puisse tout faire. La communication est alors essentielle. Toute la réussite repose sur une bonne coordination et sur le travail en équipe. Autre argument de poids, comme les parties sont rapides et que les pauses entre chaque manche sont propices aux échanges et à l’analyse des erreurs, on apprend rapidement et on a vite l’impression de progresser. Du coup, forcément, on a envie de faire mieux à la prochaine manche et de rattraper ses bourdes. Pour moi, Kitchen Rush a donc un fort goût de reviens-y.

Allez, dernier détail pour la route, d’après les joueurs qui ont déjà travaillé dans la restauration, on retrouve réellement l’ambiance d’une cuisine en effervescence.

Ah, j’allais oublié : il n’y a pas de chronomètre dans la boîte, alors pensez à vous équiper.

Kitchen Rush

Un jeu pour 2 à 4 joueurs
Par Vangelis Bagiartakis et Dávid Turczi
Illustré par Gong Studios
Édité par Artipia Games et Geek Attitude Games

 

Les illustrations sont © Artipia Games et Geek Attitude Games.

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