L’atelier : Comment socler ses figurines – Partie 1

Bravo, vous venez de passer plusieurs heures à peindre votre première — ou millième — figurine. Vous êtes satisfait de votre chef-d’œuvre et là, patatras vous décidez de laisser le socle dans un monochromatique noir ou gris — ou vert gobelin si vous vivez encore dans les années 90 — de peur de vous lancer dans la confection d’un socle la mettant en scène.

Le socle est un élément essentiel de toute figurine, il a pour rôle — en plus de former un base stable pour la faire tenir sur une table — de la mettre en valeur en lui ajoutant un environnement concret renforçant la représentation mentale qu’on se fait d’elle. À noter, pour ne pas faire dans l’intégrisme de base (NdT : base = socle en anglais, ha ha ha vous l’avez ?), que certains optent par le remplacement des socles par des équivalents tout à fait transparents … et je dois dire — en dépit du surcoût — que ça fonctionne plutôt bien, le rôle de mise en scène étant transféré à la table elle même. Je reste cependant partisan de leur élaboration en tant qu’élément même de la figurine, ce qui constitue par ailleurs, au même titre que la peinture, d’une partie tout a fait plaisante à effectuer, si tant est que l’on sait comment s’y prendre. En réalité c’est même plutôt facile et autorise pas mal d’imprécisions.

Alors que faut-il pour correctement appréhender la conception d’un socle. Je ne parlerai ici que de socles de types « naturel ». D’autres articles viendront par la suite pour discuter d’autres types de socles.

Si l’on regarde du côté des vieilleries, les socles cherchaient généralement à se faire oublier et n’était donc composés que d’un peu de flocage vert — des minis copeaux donnant une impression d’herbe — sur un fond vert, dans le but de se fondre sur le tapis de jeu d’herbe statique courant à cette époque. Ça marche, c’est discret, mais ça ne met vraiment pas la figurine en valeur. On trouve maintenant tout un tas de matériaux divers, dans les boutiques spécialisées, qui permettent de faire bien mieux et facilement :

  • Diverses pâtes, durcissant à l’air, permettant d’obtenir divers types de sols tels que de la terre, de la roche, de la lave ou bien même de l’eau. C’est la base de la conception du socle sur laquelle viendront s’ajouter tous les éléments. Elles sont très simples à travailler, sèchent en quelques heures et scellent en durcissant tout objet y étant incorporé. Rien qu’un peu de terre et de peinture marron vous permettront déjà d’obtenir un très bon rendu.
  • De quoi faire des rochers. Pour ça vous pouvez utiliser du petit gravier — trouvable en magasin ou en extérieur — pour faire des petit cailloux. Pour des rochers un peu plus volumineux, des écorces de pins marchent très bien, attention cependant ou vous les ramassez, les chiens ont tendances à les apprécier pour se soulager. De plus elles ne sont pas très résistantes et auront tendance à s’abîmer si vous manipulez beaucoup la figurine. Je préfère utiliser de l’écorce de liège soit provenant de bouchons de bouteille récupérés soit, mon préféré, de morceaux d’écorce brute. Elles sont très texturées, facile à travailler et peuvent être découpées à la forme voulue.
  • De la colle PVA, c’est-à-dire de la colle à bois trouvable en magasin de bricolage. Privilégier celle à prise rapide.
  • De l’herbe statique — éventuellement en touffes — , du flocage ou des touffes de fleurs. Trouvables dans plein de tons et de couleurs, ces éléments apportent beaucoup de réalisme et de charme à vos socles et sont très faciles à utiliser.
  • Divers accessoires naturels tels que des feuilles séchées et découpées — ou des feuilles d’origan qui font de base la bonne taille — et des brindilles. J’aime aussi y ajouter des petites fleurs même si tout le monde n’en est pas fan. J’aime le contraste apporté par une figurine de gros bourrin dont le mythe se fait casser par la prairie en fleur l’entourant.

Alors voyons ce que nous pouvons faire avec ça. Je vais aborder trois types de socles naturels ici. Tous reposent sur une base commune, faite de pâte « Terre Naturelle » de chez Prince August. Notez toutefois que ce n’est pas exhaustif et qu’il y a bien sûr possibilité d’obtenir encore pleins d’effets différents sur cette même base.

1 – Terres Arides

Parfait pour toute table de type Western ou de planète inhospitalière, je suis parti sur des tons de rouge orangé, mais il serait tout à fait possible de partir sur des tons plus jaunes pour faire un désert terrien. J’y ai mis quelques fleurs pour apporter un peu de contraste et de couleur mais libre à vous de vous limiter uniquement à des caractéristiques arides. Divers ossements et autres cactus pourront également donner du caractère à vos socles.

2 – Terres Rocailleuses

Sans doute le type de socle le plus passe-partout. Des rochers gris, de l’herbe verte et de la terre marron sont les éléments de base des terrain de milieux tempérés. J’ai utilisé les même éléments que précédemment mais seulement varié les couleurs. La différence notable est qu’ici, pour donner vraiment un style rocailleux, une base de rocher — en écorce de liège — se trouve sous la terre. Cela donne un résultat plus naturel avec l’impression que la roche sort de sous la terre. Libre à vous d’ajuster le rapport de quantité entre la roche et la terre selon vos envies et d’y ajouter des accessoires — fleurs, brindille voir sang ou cadavres. À noter, même si c’est une préférence plus personnelle, qu’il vaut mieux utiliser un gris qui tire légèrement sur le vert plutôt que sur le bleu pour les rocher. Le résultat n’en sera que plus naturel.

3- Terres Enneigées

Sans doute un des type de socle que je préfère. Même réalisation que le précédent mais avec bien sûr de la neige en plus. J’ai gardé les mêmes couleurs hormis les herbes que j’ai pris plus blanchâtres. Là aussi libre à vous d’y ajouter les accessoires qui vous vont. J’ai mis ici un branche en plastique — mais une brindille séchée ferait aussi bien l’affaire — ainsi que des feuilles mortes. Pour la neige, il existe pleins de produits différents, notamment bon nombre de neiges synthétiques fonctionnant et vieillissant plus ou moins bien. Ce qui me semble au final le plus efficace est simplement d’utiliser du bicarbonate de sodium de supermarché, mélangé à de la colle à bois et de la peinture blanche — attention cette dernière est obligatoire car la colle à bois devient transparente en séchant donnant un rendu pas terrible sans teinture blanche additionnelle.

 

Au final vous pouvez voir qu’avec quelques éléments de base on peut arriver à une grande variété de socles naturel très différents. D’autres viendront lors de prochains articles dans cette série. Il ne faut surtout pas hésiter à faire des essais, tant que vous restez dans des tons naturels vous aurez en fait peu de chance de vous rater, nos yeux étant habitués à voir une infinité de paysages de formes et couleurs différentes. Si le sujet vous intéresse, je vous invite également à vous tourner vers les adeptes du modélisme ferroviaire — vous trouverez des tas de vidéos en ligne. Ils cherchent à pousser le réalisme au maximum et ont développé un très grand nombres d’idées et de techniques dont nous autres figurinistes, même si l’aspect train ne m’intéresse pas plus que ça, aurions tout intérêt à nous inspirer pour nos socles et dioramas.

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