The mind, un jeu qui rend accroc

Lorsqu’on vous parle de The Mind pour la première fois, vous haussez un sourcil l’air dubitatif et vous dites « mouais… », puis vous testez le jeu, un peu pour faire plaisir, sans trop y croire… Après avoir perdu (parce qu’il est impossible que vous réussissiez du premier coup), vous demandez, l’air désormais plus assuré, si c’est possible de faire une nouvelle partie. Enfin après un nombre incalculable de défaites, vous êtes devenus accroc et, de l’excitation plein le regard, vous demandez où vous pouvez vous procurer ce jeu merveilleux… Ce sera à votre tour d’en parler à vos proches en prenant l’air assuré du gourou qui sait ce qu’il vend et de faire de nouveaux adeptes à votre suite.

Alors, par quoi allez-vous commencer pour expliquer The Mind  à des néophytes ? 

Sans doute une petite intro classique : « Ça vous dit de jouer à The Mind ? Regardez, y a un lapin hyper mignon dessiné par Oliver Freudenreich (Ndlr. l’illustrateur de Linko) sur la boîte de jeu et en plus les règles sont ultra simples. Il suffit de poser des cartes sans se parler en tentant de les mettre dans l’ordre croissant. » Et devant l’air sceptique attendu, vous enchaînez : « Nous allons nous connecter mentalement les uns aux autres et sentir le meilleur moment pour poser sa carte ». Et puis joignant le geste à la parole vous mélangez les cartes et commencez à les distribuer . »On commence au niveau 1, donc c’est une carte chacun. A partir du niveau 2, on aura deux cartes et ainsi de suite… »

Voilà, l’intro est posée. Il n’y a plus qu’à jouer. Vous êtes confiants, le jeu fera le reste.

Après un ou deux tours, vos joueurs seront positivement surpris par la quantité de tension et d’émotions qui se créent par le simple fait de poser (ou de ne pas poser) des cartes sans rien se dire ainsi que par la satisfaction procurée lorsqu’on parvient à jouer correctement une séquence. Ça y est ils sont initiés, ils ont compris le pouvoir de l’esprit. Ils ont compris que leur plus grand adversaire c’est eux-mêmes. Leur précipitation, leur dissipation, leur manque d’écoute et de confiance, leur mauvaise perception des choses sont autant d’obstacles sur le chemin de la victoire mais l’esprit est normalement plus fort que le jeu et ils veulent tant gagner. Alors ils recommencent inlassablement, ils en redemandent sans réaliser que le temps file et que les parties s’enchainent. De parties en parties ils apprennent à se connecter les uns aux autres, à sentir, à ressentir les choses, un peu comme au poker où les joueurs aguerris peuvent deviner la carte exacte de leur adversaire rien qu’en observant leur comportement.

Il va maintenant falloir conclure… Comment cesser de jouer ? Revenir dans le monde terrestre et banal, de la communication verbale et/ou gestuelle. Ça s’annonce compliqué.

Plus qu’un jeu The Mind, est une expérience ludique hors du commun, du bonheur à l’état pur, brut, natif, volcanique. The Mind, c’est le pied ! Les parties durent cinq minutes ; cinq minutes de kif absolu, intense. The Mind, c’est un voyage, une expérience d’équipe, un temps passé ensemble, c’est mieux que tout, « mieux que la drogue, mieux que l’héro, mieux que la dope, coke, crack, fitj, joint, shit, shoot, snif, pèt, ganja, marie-jeanne, cannabis, beuh, péyotl, buvard, acide, LSD, extasy… Mieux que le sexe, mieux que la fellation, 69, partouze, masturbation, tantrisme, kamasutra, brouette thaïlandaise… Mieux que le Nutella au beurre de cacahuète et le milk shake à la banane. Mieux que toutes les trilogies de George Lucas, l’intégrale des muppets-show ou la fin de 2001. Mieux que le déhanché d’Emma Peel, de Marilyn, de la schtroumpfette, de Lara Croft, de Naomi Campbell et le grain de beauté de Cindy Crawford. Mieux que la face B d’Abbey Road, des CD d’Hendrix ou le petit pas de Neil Armstrong sur la lune, le Space Mountain, la ronde du Père-Noël, la fortune de Bill Gates, les transes du Dalaï-Lama, les NDE, la résurrection de Lazare, toutes les piquouzes de testo… »*

Un jeu à consommer sans modération. Et toutes mes excuses aux personnes à qui j’ai présenté le jeu et qui sont tombées dans la spirale infernale du jeu.

 

*citation extraite du film « jeu d’enfants » de Yann Samuell et, soit dit en passant, The Mind c’est mieux qu’un jeu d’enfants, mieux qu’un jeu entre adultes consentants. C’est un jeu pour adultes et enfants à partir de 8 ans.

 

The Mind est un jeu de Wolfgang Warsch, édité par Nürnberger Spielkarten Verlag (NSV pour les intimes) en 2018. Et distribué en France par Oya.

Une pensée sur “The mind, un jeu qui rend accroc

  • 18 avril 2018 à 14 h 05 min
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    Ce n’est pas toi qui me l’a présenté mais un vendeur et à cause de lui, j’ai dû l’acheter alors que j’étais venu pour autre chose ! De l’argent bien dépensé. C’est génial comme jeu. Il est indispensable!

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