Queendomino

Après Kingdomino, Cyril Bouquet s’est remis à la planche à dessin pour illustrer Queendomino, paru chez Blue Orange fin octobre 2017. Vous pourrez à nouveau scruter avec plaisir chaque illustration à la recherche de clins d’œil amusants. Bon, vous vous en doutez, pour la mécanique de jeu, c’est encore Bruno Cathala qui s’est trituré les neurones.

Queendomino est un jeu indépendant. Il n’est pas nécessaire de posséder Kingdomino pour y jouer, il se suffit à lui-même. Mais, cerise sur le gâteau, il peut aussi être joué avec Kingdomino. Par contre, on ne peut pas utiliser le matériel de Queendomino pour jouer une partie « classique » de Kingdomino.

Bien sûr, comme les titres de ces deux jeux le laissent deviner, il y a un air de famille entre Queendomino et Kingdomino. Toutefois, si Queendomino reprend le principe de construction d’un royaume et la mécanique de récupération et de pose des dominos de Kingdomino, de nouveaux éléments font leur apparition. Blacksad ayant déjà écrit un article sur Kingdomino, je vais juste rappeler ici rapidement le cœur du système commun aux deux jeux avant de présenter les nouveautés apparues dans Queendomino .

Les pas nouveautés de Queendomino

Dans Queendomino, chaque joueur doit poser des dominos autour de son château afin de développer son royaume. Chaque domino est divisé en 2 cases, chacune représentant un type de paysage (forêt, prairie, marécage …). Pour pouvoir poser un domino, il y a 2 contraintes : il faut que le paysage d’au moins une des 2 cases du domino soit adjacent à un paysage similaire et que ce domino ne sorte pas d’un carré de 5 x 5 cases. Un groupe de cases connectées horizontalement ou verticalement du même type de paysage constitue un domaine. A son tour le joueur actif récupère un domino, le place sur son royaume et, parmi les dominos disponibles ce tour-ci, choisit celui qu’il placera au prochain tour. Un système de placement assez fourbe fait que souvent le joueur doit choisir entre prendre un domino avantageux et se retrouver dernier joueur au tour suivant ou prendre un domino moins intéressant pour ne pas subir le choix des autres joueurs au prochain tour.

Une fois les dominos épuisés on compte les points. Chaque domaine rapporte un nombre de points de victoire égal au nombre de cases du domaine x le nombre de couronnes présentes sur certaines de ces cases.

Les nouveautés de Queendomino

En simplifiant je dirais que Queendomino introduit une nouveauté essentielle : les bâtiments. Les autres nouveautés découlent simplement de l’utilisation de ces bâtiments.

Les bâtiments sont des tuiles carrées rouges (grises au verso) sur lesquelles figurent … un bâtiment ! A son tour, un joueur peut récupérer un bâtiment en l’achetant au marché. Vous l’aurez compris dans Queendomino, il y a donc des pièces, qui serviront à acheter les bâtiments et à marquer des points en fin de partie (3 pièces équivalent à 1 point de victoire), ainsi qu’un marché représenté par un plateau. De manière classique, sur le plateau du marché, il y a des emplacements sur lesquels on place les bâtiments disponibles. Le coût de chaque bâtiment dépend de l’emplacement sur lequel il se trouve. De manière moins classique, sur le plateau du marché se trouve aussi une grotte, et dans la grotte un dragon. Le dragon permet au joueur actif d’aller cramer un bâtiment sur le marché, bâtiment qui sera alors remis dans la boîte et ne sera plus disponible pour les petits copains ! Certes ce n’est pas très gentil, mais ça apporte un petit élément tactique bien intéressant. Pourquoi ? Ben tout simplement parce que les bâtiments, fort bien illustrés au demeurant, ne sont pas là juste pour faire joli. Non, ils servent aussi à marquer des points. En effet en bas à gauche de chaque bâtiment est indiqué le nombre de points qu’il rapporte. Parfois, il s’agit juste d’un nombre, mais souvent les points sont fonction d’éléments dans son royaume, par exemple du nombre de domaines de forêt ou du nombre de chevaliers …

A ce stade, les plus attentifs d’entre vous auront remarqué :

  • qu’il y a de nouvelles manières de marquer des points : en convertissant les pièces en point de victoire et grâce aux bâtiments.
  • que des chevaliers sont apparus.

Les chevaliers servent principalement à récupérer de l’argent. Chaque joueur débute la partie avec un chevalier. Ensuite, la mécanique est très simple : à son tour, après avoir posé son domino, le joueur actif peut déployer un chevalier de sa réserve sur une case du domino qu’il vient de poser. Il gagne alors autant de pièces que le nombre de cases du domaine qu’il occupe (ex. : un chevalier posé sur une forêt de 4 cases rapporte 4 pièces).
Attention, le chevalier ainsi posé restera en place toute la partie. « Oui, mais comment je fais si j’ai encore besoin d’argent ? » me demanderez-vous. Là encore, c’est très simple. Certains bâtiments (je vous avais bien dit que tout tournait autour des bâtiments !) offrent des récompenses quand on les construit.
Ces récompenses apparaissent en haut à gauche sur les bâtiments. En général, on récupère un chevalier et/ou une tour. Et oui, des tours font leur apparition. Remarquez, ça va plutôt bien avec le château et les chevaliers !
Quand un bâtiment offre une tour, on pose un pion « tour » dessus. Tout le long de la partie, le joueur qui a le plus de tours récupère la reine. Au gré des constructions, la reine va ainsi passer d’un royaume à l’autre. Le joueur qui possède la reine a une petite réduction sur le coût des bâtiments. Une pièce en moins, c’est déjà ça de pris, mais surtout lors du décompte final, le joueur qui a la reine la pose sur son plus grand domaine. La reine fait alors office de couronne supplémentaire. En fin de partie, c’est vraiment sympa d’avoir la reine chez soi !

Cerise sur le plateau, certains bâtiments font gagner des points grâce aux tours ou aux chevaliers.

Bien, jusqu’à présent, nous avons vu comment acheter des bâtiments et à quoi ils servent. Il ne reste plus qu’à expliquer comment les construire. Je sais, c’est tentant de revisiter le mythe de l’Atlantide en construisant ses bâtiments sur les dominos lacs. Mais non, ce n’est pas prévu comme ça. Queendomino introduit un nouveau type de paysage : les paysages en chantier. Ce sont les paysages rouges sur lesquels sont représentés des chantiers. Oui, thématiquement, c’est plutôt cohérent et puis ça permet aux daltoniens de repérer ce type de paysage. Devinez où vous allez placer vos bâtiments … Oui, un bâtiment se construit sur une case chantier. D’ailleurs, pour être précis, un joueur ne peut acheter un bâtiment que si il possède une case chantier disponible, c’est-à-dire sans bâtiment dessus. Petite particularité des paysages rouges : aucun n’a de couronne imprimée dessus.

Kingdomino + Queendomino = un bon gros royaume

Je l’ai dit dans l’introduction, on peut combiner Kingdomino et Queendomino. Dans cette configuration, on joue avec les dominos des deux jeux, mais avec les règles de Queendomino (bâtiments, chevaliers …). On forme 2 piles de dominos, une pour ceux issus de Kingdomino et une pour ceux de Queendomino. Je vous rassure le tri est facile à faire : les dos des dominos sont différents selon le jeu d’origine. Ensuite, on joue un tour en piochant les dominos dans une pile et le tour suivant en piochant dans l’autre pile.

Ensuite, plusieurs modes de jeu sont possibles :

  • On joue à 4 avec des royaumes en 7 x 7 cases.
  • On peut jouer à 6 avec des royaumes en 5 x5 cases.
  • On peut également jouer à huit en quatre équipes de deux : les deux joueurs d’une même équipe jouent chacun un roi mais construisent le même royaume.

Comme nous n’avons pas pu jouer en combinant les deux jeux, nous ne vous en dirons pas plus.

Courage, cet article est bientôt fini

Sans trop complexifier le jeu, Queendomino introduit avec ses bâtiments de nouvelles manières de marquer des points qui, bien employées, peuvent être redoutables. Lors de notre partie de test, nous avons peu joué avec le dragon, ce qui a permis à Blacksad de construire beaucoup de bâtiments, de mettre en place des combinaisons efficaces et au final de remporter la partie.

Dernier point, comme il y a plus d’éléments à prendre en compte que dans Kingdomino, les parties de Queendomino sont un peu plus longues ; c’est noté sur la boîte, 25 minutes pour Queendomino, 15 minutes pour Kingdomino.

 

Queendomino

Auteur : Bruno Cathala
Illustratrice : Cyril Bouquet
Editeur : Blue Orange
Nombre de joueurs : 2 à 4 joueurs
Durée : 25 minutes
Age suggéré : à partir de 8 ans

 

Les images sont © Blue Orange.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *