Si tu aimes jouer avec des petits monstres…

Le vrai monstre n’est pas toujours celui que l’on croit…

Le problème quand on écrit sur un blog ludique c’est que pour écrire, il faut jouer et que quand on joue on n’écrit pas… C’est le serpent qui se mord la queue ou, autrement dit, la bonne excuse du reptile. Soyons francs, j’ai un peu de retard sur mes articles, et aucune excuse valable. Du coup pour me faire pardonner, je vous fais un petit retour rapide sur deux jeux pour jeunes monstres enfants (une fois n’est pas coutume) que j’ai testés à Cannes et re-testés par la suite en famille lors des fêtes de Pâques. Et attention, ça va causer monstres …

Comme je devais passer la journée et une partie de la soirée avec deux charmantes têtes blondes crapules de 5 et 8 ans, je me suis dit que la meilleure façon de commencer la journée était de les amadouer. Je suis donc arrivé avec deux belles perles ludiques : un As d’Or 2017 et un « possiblement-peutêtre » futur As d’Or 2018 ( si ça ne tenait qu’à moi… mais, bizarrement, personne ne me consulte pour la sélection des As d’Or ) en d’autre termes, un Kikou le coucou (Haba) pour le plus grand et un Face de bouc (Cocktail Games ) pour le plus jeune. Grave erreur, j’étais désormais piégé, il fallait que je joue. Enfer et damnation, je ne vais pas pouvoir m’enfermer dans le bureau à écrire un article pour le blog de la BàC.

On a commencé par Kikou le coucou parce que je me suis dit que c’était un jeu calme et donc excellent pour débuter tranquillement l’après-midi et que, il faut bien l’avouer, je gardais un excellent souvenir de la partie faite à Cannes. J’avais (secrètement) très envie d’y rejouer et étais peut-être encore plus enjoué que les petits monstres à l’idée de commencer la partie. Pour ceux qui ne connaissent toujours pas, je sais que vous êtes nombreux, Kikou le coucou est un jeu de mikado en pas pareil (entendez par là, en mieux) dont le but est de retirer des mikados stockés dans leur boîte avec adresse et précaution. Puis, au lieu de les garder pour vous et de les compter en fin de partie, il faut les replacer de façon à créer un nid sur lequel on déposera avec délicatesse des petits œufs en plastique sans les faire tomber. Le premier à ne plus avoir d’œufs en main a gagné. Bon pour ne rien vous cacher, la partie n’a pas été une franche réussite. Contrairement à mes attentes, le jeu n’a pas été calme du tout. Il a été long, voire très long, et source d’énervement car les œufs tombaient tout le temps (et, cerise sur le gâteau, ils roulaient sous les meubles ) et au bout d’une heure de cris, je me suis résolu à interrompre la partie avant qu’un œil ne soit crevé à coup de mikado. J’aurais dû me méfier dès le début car le « grand », après deux échecs, et quelques jurons de son âge, a tout de suite voulu changer de jeu. Mon erreur a été de vouloir lui apprendre la persévérance… On ne m’y reprendra plus. Malgré cette approche un peu décevante (ce n’était peut être pas le bon moment), je garde toujours un très bon souvenir de ce jeu. Je révise désormais ma copie et pense qu’il faut simplement y jouer avec des adultes, ou alors avec des vrais enfants, pas des monstres qui balancent leurs mikados à l’autre bout de la pièce quand ils ne piochent pas celui de la bonne couleur.

Du coup pour apaiser tout le monde, après un petit exercice de relaxation et un pacte de non agression mutuelle, nous avons tenté le deuxième jeu de la journée avec des monstres, des vrais : Face de bouc. Et, ouf, malgré une certaine appréhension (chat échaudé craint l’eau froide) le succès a été au rendez-vous. Ce petit jeu brillamment illustré par Nadegda Fedotova et édité par Cocktail Game ne paye pas de mine (ça reste un jeu de 56 cartes –et une règle du jeu- rangées dans une boîte en métal) mais c’est un vrai petit bijou ludique pour toute la famille. Une sorte de memory mais en pas pareil (j’ai déjà dit, que ça voulait dire, en mieux ? ) qui encourage la mémoire certes, mais aussi et surtout la créativité et l’humour ! Et l’humour ça fait du bien après avoir joué à un jeu où j’ai commencé à voir poindre la haine dans les yeux d’enfants innocents. Le principe est simple : donnez un nom (celui que vous voulez) à un monstre rigolo représenté sur une carte et rappelez-vous en (c’est plus difficile qu’il n’y paraît) car dès qu’il revient dans la pioche il faudra l’appeler par son nom. Après un début timide « Gros ballon » et « Grandes jambes » se sont finalement appelés «  Grotatatata » et « P’tite crotte de nez poilue » déclenchant des éclats de rire à chaque fois qu’ils revenaient. On a passé, je le confesse, un très bon moment et avons enchainé les parties dans la joie et la bonne humeur. Ce jeu est inoffensif (impossible de se crever un œil avec les cartes ; j’ai essayé, on ne rigole pas avec le journalisme de terrain) et jouissif. Franchement, le petit dernier qui transgresse tous les tabous en criant « krott de nééé » dans un éclat de rire ça n’a pas de prix, sinon c’est environ 10 euros dans votre boutique de jeu préférée.

Allez, c’est dit, la prochaine fois je leur fais tester La chasse aux monstres (Le Scorpion Masqué), un jeu de mémoire coopératif. Il va falloir qu’ils s’allient et s’entraident ça leur fera du bien. « Au placard les monstres ! »

 

Face de bouc de Alena Lebedeva (Cocktail Games)
Kikou le coucou de Josep Maria Allué et Viktor Bautista i Roca (Haba)
La chasse aux monstres d’Antoine Bauza (Le Scorpion Masqué)

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