Retour du FIJ 2019 : Crazy Theory, le jeu des gens qui sachent !

Vous ne le savez certainement pas, mais mon autre violon d’Ingres est la Bande Dessinée, du moins d’en lire et d’en causer. Du coup, quand on me dit dans les allées du FIJ 2019 « vas-donc voir du côté du Droit de Perdre, ils ont un jeu illustré par Fabcaro », c’est comme annoncer à un poivrot que le patron du bar du coin paye sa tournée… comment voulez-vous résister ? Du coup j’ai vu, j’ai joué et j’ai bien rigolé.

Tout a commencé par un petit album de BD, un bouquin assez barré au sujet d’un mec en fuite parce qu’il est allé faire ses courses au supermarché en oubliant de prendre sa carte de fidélité (le truc barré je vous dis). Le livre s’appelle « Zaï zaï zaï zaï » *, l’auteur est Fabcaro et ça a fait un carton. Parmi la masse des lecteurs de bon goût affectionnant ce petit bijou de non-sens, on trouve deux individus, Christian Rubiella et Fabrice Andrivon. Ils prennent même l’habitude, à l’heure de l’apéro, de pratiquer un petit exercice intellectuel tiré d’une page de l’album : deux complotistes qui partent d’un mot complètement banal pour composer une suite d’associations d’idées et arriver à une conclusion comment dire ?… étonnante (Super U -> U -> UB40 -> Guerre de 40 -> Juifs)

L’exercice étant très con, les deux compères s’amusent pendant des mois à prendre tout ce qui leur passe par la tête comme point de départ pour arriver à des résultats les plus débiles possibles. Et petit à petit,  une autre idée germe, cette fois moins absurde qu’il y paraît : est-ce qu’ils ne seraient pas en train de tenir un jeu ?!? Il ne leur manquait qu’un éditeur, ce sera Le Droit de perdre, un nom : Crazy Theory, et un illustrateur… bien entendu Fabcaro.

Nous ne croivons pas, nous sachons !!

Illustration provisoire (même la boite reste un mystère)
Illustration provisoire (même la boîte reste un mystère)

Dans Crazy Theory, tous les joueurs sont des complotistes patentés. On ne nous la fait pas à nous, et on va voir ce qu’on va voir pour démontrer avec une maestria sans pareil les véritables liens secrets qui mènent le monde.

Tout d’abord le Maître Complotiste du tour tire un sujet de départ, par exemple « Et si Dieu est immortel pourquoi a-t-il eu besoin de faire deux testaments ? » (c’est réellement une des cartes de départ tirées lors de ma partie découverte).

Ensuite il tire deux cartes intermédiaires et choisis, pour chacune, un des mots inscrits… gardons mon exemple : « Le Saint Graal »  et « Jean-Luc Mélenchon » .

Enfin, il prend au hasard deux cartes des Véritables Maîtres du Monde, comme « Les perfides végétariens » ou « Les manipulateurs boudhistes » (là je cite de mémoire, les intitulés étaient plus rigolos).

A partir de là, tous les joueurs, y compris le Maître Complotiste, ont plusieurs minutes pour réaliser secrètement une association d’idées en partant d’un des deux mots du postulat de départ (DIEU ou TESTAMENTS), en passant obligatoirement par les deux termes intermédiaires (dans l’ordre qu’on veut : SAINT GRAAL et JEAN-LUC MELENCHON) pour finir par la conclusion de son choix (VEGETARIENS ou BOUDHISTES). Quand tout le monde a terminé, chacun dévoile sa théorie, à tour de rôle en terminant par le Maître Complotiste qui, lui, détient la Vérité.

L’objectif est bien entendu de faire l’association la plus drôle possible, car on est là pour rigoler.

Tiens, comme vous me semblez sympathiques, je vais vous éclairer sur ce mystère resté dans l’ombre sur ordre des Puissants qui contrôlent tout :

DIEU -> Jésus -> Messie -> Sauveur -> Jean-Luc Mélenchon -> Révolution -> Guillotine -> Lame -> Coupe -> Saint Graal -> Arthur -> Guenièvre -> Reine -> Pizza -> Végétarienne -> VEGETARIENS !

Comme dans tous les jeux du Droit de Perdre, le comptage des points est une option. Mais pour ceux qui y tiennent vraiment, sachez que le Maître Complotiste a des points Victoire à distribuer aux adeptes arrivés à la même conclusion que lui, plus un bonus pour celui ou celle ayant réalisé à ses yeux la plus belle association d’idées. Ensuite le rôle de Maître Complotiste passe au joueur suivant (il y a aussi un autre critère final pour déterminer le vainqueur à partir de la face des jetons, mais je n’ai pas bien compris… de toute façon à ce stade nous étions déjà tous en joie).

Mais foin de bassesse matérialiste. L’important c’est de participer comme disait l’autre (un aristocrate mondialiste, même pas sportif, opportunément décédé en Suisse comme par hasard), et de toucher à l’absurde. Dans l’exemple cité plus haut, tous les joueurs ayant commencé par Dieu ont intentionnellement – et sans se concerter – pris le parti d’éviter toute association trop évidente avec le Saint Graal. De toute façon, il n’y a aucune limite imposée au nombre de mots composant une théorie. C’est toute la beauté de l’exercice, qui n’est cependant pas si facile. On a ainsi vu des joueurs, peut-être trop versés dans la narration, être bloqués car ils avaient BESOIN de former des phrases au lieu de passer d’un mot à l’autre, … ce qui bien entendu n’est pas le principe de Crazy Theory.

Donc attention avec qui vous jouez à Crazy Theory, il vous faut des partenaires adeptes de l’absurde, créatifs et bourrés d’humour. Avec un rassemblement de toutes ces qualités, vous ne pourrez qu’attendre avec impatience le mois de juin et la sortie du jeu annoncée pour Paris est Ludique 2019. Vivement l’été !

Crazy Theory est un jeu de Christian Rubiella et Fabrice Andrivon
Illustré par Fabcaro
Edité par Le Droit de Perdre
Prix conseillé : 19,90 €
Sortie prévue juin 2019

* Zaï zaï zaï zaï est édité aux éditions 6 pieds sous terre, mangez-en c’est excellent !!

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